2.10.07

Méthodes et principes d'actions

Plus qu’un remède à long terme, l’action du samusocial est une méthode de sauvetage : aborder ces enfants dans l’urgence, établir un contact efficace afin de pouvoir envisager, après les premiers secours, la post-urgence et permettre d’installer des dispositifs plus durables, ceux de l’insertion et du développement.

Les Maraudes
Constituées d’un travailleur social qui coordonne l’équipe, d’un médecin et d’un chauffeur, les 2 Equipes Mobiles d’Aide (EMA) sillonnent Dakar 5 jours par semaine, jour et nuit, à bord d’une camionnette facilement identifiable, pour repérer les enfants en situation de rupture familiale et/ou sociale, et leur apporter aide et protection. Les équipes mobiles d’aide du samusocialSénégal sont professionnelles et pluridisciplinaires : une exigence de savoir-faire liée à la complexité du processus de réhabilitation physique et psychologique des enfants de la rue.
Elles agissent en maraudes (sillonner les rues afin de repérer les enfants en danger) et effectuent des tournées sur les territoires de vie des enfants. Elles peuvent également répondre à la demande d’autres acteurs ayant repéré des enfants mais ne pouvant les prendre en charge (associations, structures institutionnelles, gendarmerie, particuliers…). Les équipes mobiles interviennent également 24 heures sur 24 en cas d’urgence, sur toute la zone de Dakar.
Par leur action, elles offrent une protection médicale et des soins médicaux, un appui nutritionnel et une aide psychosociale à ces enfants quotidiennement exposés aux dangers de la rue. Par leurs compétences, elles aident l’enfant à comprendre les événements du passé, à surmonter les difficultés du présent et à construire des projets d’avenir.
Depuis le 1er novembre 2003, en 1.783 maraudes près de 3.000 enfants différents ont été pris en charge au moins une fois par les EMA, 48.000 appuis nutritionnels ont été distribués, 9.258consultations médicales et 990 entretiens sociaux ont été effectuées. (données au 31/12/2008)

Le centre d’accueil et de mise à l’abri
Le centre du samusocial se justifie essentiellement par sa fonction de mise à l’abri des enfants qui sont en danger dans la rue, pour des raisons de santé physique et/ou psychique.
La fonction du centre est d’aider les enfants à retrouver des rythmes et repères fondamentaux. Parce que l’enfant accueilli a un rapport « traumatique » à son corps et au corps d’autrui (conséquence de la maltraitance et/ou de la suradaptation paradoxale), il importe de porter particulièrement attention aux temps de remise en fonction du corps : la toilette, les repas, le sommeil…
En outre, le centre doit fabriquer un lieu qui aide l’enfant à retrouver des repères, car la grande pathologie dont souffre l’enfant de la rue est l’indifférence, ce sentiment que tout se vaut (le jour et la nuit, la vie et la mort). Le lieu que représente le centre doit particulièrement reconstruire les repères spatiaux, temporels, sociaux, psychoaffectifs.
Les activités du centre :
- Un cabinet médical, ouvert 24 heures sur 24, permet d’accueillir les enfants en lits infirmiers. 2 infirmières et un aide-soignant se relaient, sous la responsabilité d’un médecin-chef.
- L’activité psycho-sociale est assurée par un travailleur social et un psychologue clinicien qui accompagnent l’enfant dans son projet de sortie de rue et dans sa réhabilitation psychique. Le travailleur social est en outre chargé de la recherche des familles et de la médiation familiale, puis une fois l’enfant retourné en famille, d’assurer le suivi de sa réinsertion.
- La réhabilitation de l’enfant passe aussi par un travail sur l’imaginaire par le biais d’activités éducatives (alphabétisation, apprentissage de la lecture), ludiques, sportives, artistiques (peinture, musique, danse, travaux manuels). Ces activités sont assurées par des animateurs du Samusocial Sénégal et des bénévoles.
- Enfin, l’équipe d’intendance gère le ménage, la cantine, les lessives, les vêtements et chaussures.
L’hébergement est extrêmement déstabilisant pour l’enfant, car il s’agit d’une véritable rupture par rapport à l’environnement auquel il s’était adapté (la rue). Nombreux sont les enfants qui ne supportent pas cette rupture et qui « choisissent » de retourner dans la rue. L’itinéraire des enfants de la rue est fait de constants allers et retours entre la rue, la famille, les centres d’accueil tels que le samusocial. Quand un enfant est accueilli au samusocial, le préalable est de toujours envisager qu’un retour à la rue est possible et l’accepter. Un retour dans la rue, ou même des allers-retours rue/centre/famille ne doivent jamais être considérés comme des échecs, mais plutôt comme les différents paliers pouvant aider l’enfant à se reconstruire.
Depuis l’ouverture du Centre en novembre 2004, 608 enfants ont été hébergés, dont 221 en lit infirmier ; 421 enfants sont venus en accueil de jour ; 46.837 repas ont été servis ; 134 enfants sont sortis de la rue de façon durable. (données au 31/12/2008)

Le réseau de partenaires opérationnels
Le Samusocial Sénégal peut s’appuyer sur un réseau de partenaires opérationnels, tant pour la recherche des familles dans les régions ou pays limitrophes, que pour orienter l’enfant dans le cas où la famille n’est pas accueillante. Par ailleurs, le Samusocial Sénégal apporte son soutien à ces structures par une assistance médicale gratuite pour leurs enfants et un soutien financier lorsqu’un enfant est confié par le Samusocial Sénégal à un centre partenaire.
Ces partenaires peuvent être des structures associatives, des ong, des structures de l’Etat :
Perspective Sénégal - Solidarité Pour les Enfants de la Rue (SPER) - La Liane, à Saint Louis - Empire des Enfants - Village Pilote - Assea - Terre Des Hommes / Intermonde - Enda Santé. La Direction de l’Education Surveillée (Ministère de la Justice) et les Aemo (Action Educative en Milieu Ouvert) - L’Organisation Internationale des Migrations (OIM).
Le Samusocial Sénégal est membre fondateur du PARRER, le PArtenariat pour le Retrait et la Réinsertion des Enfants de la Rue, association créée par un mouvement de la société civile regroupant tous ceux, particuliers ou organisations, que le sujet préoccupe. Le Parrer est soutenu activement par l’Etat Sénégalais.